Depuis l’âge de 19 ans, j’ai eu la chance de voyager à travers le monde, notamment en Afrique. Au fil de mes voyages, une chose ne cessait de m’interpeller : j’ai toujours croisé plus de garçons que de filles. Je voyais beaucoup de petits garçons jouer dans la rue, improviser des parties de football ou venir à ma rencontre. C’était plus rare de croiser des petites filles. Mais où étaient-elles ?
En parallèle, j’étais bien consciente et informée que leur accès à l’éducation était encore plus difficile que pour les garçons. Moins d’éducation, moins de liberté. Cette observation est devenue régulière pour ne pas dire permanente.
Dans cet article, je vous explique pourquoi, depuis 10 ans, Indah se bat pour tous les enfants (filles et garçons).
Comment mon combat personnel est devenu la mission d’Indah : l’accès à l’éducation dans l’égalité ?
Depuis très longtemps, l’envie d’œuvrer pour l’accès à l’éducation était claire chez moi. Après 10 ans d’enseignement en Belgique, j’ai ressenti le besoin de me rapprocher concrètement de ce rêve.
Dès lors, la constatation de cette différence faite entre les filles et les garçons a été à la source de mon élan de m’engager ! Cet élan a été suivi par une merveilleuse rencontre d’une petite fille qui m’a donné le déclic pour me lancer. Cette rencontre que je partage dans cet article dédié.
Lorsque j’ai créé Indah, j’ai souhaité me focaliser sur l’accès à l’éducation des filles. J’ai vite réalisé grâce aux associations locales que j’ai rencontrées : se concentrer uniquement sur l’éducation des filles est incomplet et injuste. A l’image de nos associations partenaires, nous n’avons jamais souhaité participer à une discrimination, même positive. Ce serait tomber dans un autre travers.
L’accès à l’éducation doit être universel. Si les filles restent défavorisées dans les faits, de nombreux garçons n’ont pas non plus ce droit. Dans la réalité des villages, il est impossible de favoriser uniquement les filles sans laisser les garçons à la marge. Par ailleurs, une éducation donnée aux garçons développe leur sensibilité à la condition des filles et contribue à l’égalité.

Quelle est la situation de l’éducation dans le monde aujourd’hui ?
On peut se réjouir : les chiffres montrent une amélioration de la parité fille-garçon en matière d’accès à l’éducation depuis 20 ans.
Mais le défi reste considérable : 250 millions d’enfants n’ont pas accès à l’éducation. Et la situation pour les petites filles est d’autant plus complexe.
En effet, deux tiers des adultes ne sachant ni lire ni écrire sont des femmes. Les petites filles d’aujourd’hui ont donc moins de modèles que les garçons en matière d’éducation. Aujourd’hui encore, de nombreux obstacles freinent l’accès des filles à l’école : pauvreté et priorité donnée aux garçons dans certaines régions, mariages et grossesses précoces, violences basées sur le genre, et manque de sécurité sur le chemin de l’école.
C’est pourquoi Indah se bat pour l’accès à l’éducation de tous, tout en gardant un oeil particulièrement attentif aux petites et jeunes filles.
Les femmes, un modèle pour Indah !
Il y a cinq ans, lors d’une mission au Rwanda, j’ai eu l’opportunité de passer plus de temps sur le terrain avec mes collègues, les enfants et leurs familles.
Ce séjour prolongé m’a permis de m’intéresser davantage à leur environnement familial. Un constat : les mères gèrent leur foyer seules.
De leurs côtés, les pères sont absents ou très rarement présents, voir complètement désengagés. Souvent.
J’ai donc été confrontée à la réalité des jeunes mamans. Pour la plupart, elles ont entre 20 et 40 ans et sont donc des victimes directes du génocide.
Pendant le génocide, elles ont perdu beaucoup de proches et ont été déscolarisées.
Des jeunes femmes qui n’ont été à l’école primaire que jusqu’à 8 ou 10 ans… Ensuite, elles ont dû avancer et se débrouiller seules.
Aujourd’hui, les femmes que je rencontre sont souvent désemparées, exercent des petits métiers peu rémunérés au prix de leur santé et de leur dignité.

Ces jeunes femmes ont été, autrefois, les petites filles pour lesquelles Indah se bat aujourd’hui.
Elles sont aussi les modèles pour leurs filles d’aujourd’hui.
Elles avaient des rêves, des aspirations. Aujourd’hui, elles se battent et s’acharnent pour rendre possible ceux de leurs enfants.
Mais elles sont oubliées.
Mettre en lumière des portraits de femmes inspirantes, mettre en lumière les savoir-faire culturels et artistiques qu’elles se transmettent de mains en mains, mettre en lumière des projets portés par ces femmes, leurs coopératives, c’est les aider aujourd’hui pour elles-mêmes, pour qu’elles retrouvent leur dignité, pour qu’elles puissent scolariser leurs enfants d’elles-mêmes et pour qu’elles deviennent des modèles pour les petites filles et les enfants d’aujourd’hui.
La mission d’Indah, agir aux côtés des femmes et des enfants, pour favoriser l’accès à l’éducation, à la formation et partager des histoires qui célèbrent les beautés de l’humanité.
Ce slogan incarne ce qu’Indah croit. Tout est interconnecté. Féminisme et humanisme. Education et émancipation. Filles et garçons. Avoir une attention particulière pour les filles ET agir pour tous. “Indah”, comme son nom l’indique souhaite mettre en lumière la “beauté” de notre humanité. J’en parle un peu plus précisément dans cet article où je vous partage ma vision de la coopération.
Et elle ne peut être belle que si elle est vécue dans l’égalité, l’équité, l’équilibre. Que si le genre féminin est pris en considération, que ses droits sont respectés.
Une mission vaine sans vous
Chez Indah, nous avons besoin de vous, de vos dons pour poursuivre notre action pour elles, pour eux.
Aidez-nous pour que les progrès continuent, que le nombre d’enfants scolarisés augmente encore et pour que les petites filles aient des modèles féminins et le deviennent à leur tour.
Faire un don mensuel (même 5, 10 ou 20 €) permet d’assurer la régularité de nos actions et d’impacter durablement la vie des enfants et des femmes.
Stéphanie

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